2019.0.17.0 BE/FR

Robledillo de la Jara est un village de 90 habitants situé à 80 kilomètres de Madrid, dans les montagnes entourant la capitale. Son paysage est composé de chênes et de pins, d’aigles royaux ainsi que de... drones et de la technologie de l’Internet des objets. SEAT, Telefónica, DGT, Ficosa et Aeorum ont déployé un projet pilote faisant appel à un drone et à une voiture connectée pour détecter les cyclistes et les obstacles sur la route. Pour cela, il fallait une connectivité mobile cellulaire dotée des caractéristiques primaires du futur réseau 5G. L’objectif est de pourvoir les conducteurs d’un « sixième sens » leur permettant d’éviter les accidents.    

Des feux de signalisation dans le ciel

L’Internet des objets et la voiture connectée débarquent dans les zones rurales par drone.

La 5G et la communication en temps réel entre les véhicules étaient jusqu’à présent associées aux infrastructures urbaines. C’est en effet en ville que SEAT et Telefónica ont lancé la première phase du projet, avec des dispositifs intégrés à l’infrastructure, tels que des caméras, des signaux lumineux et des capteurs infrarouges. « Nous avons vu de quelle manière la voiture est capable de communiquer avec son environnement en ville et, à présent, dans les régions rurales. Dans cet essai pilote, nous avons ajouté un drone qui envoie les informations au réseau cellulaire, qui les envoie ensuite au véhicule. Le conducteur peut alors prendre connaissance de ces informations qui s’affichent sur le combiné d’instruments », expose César de Marco, responsable de 5G Connected Car chez SEAT.

30 fois plus rapide que l’œil humain

L’homme met environ 150 millisecondes pour réagir à un stimulus externe tactile, visuel ou olfactif. Avec la future connectivité 5G, le temps de réaction entre le moment où un obstacle est détecté et celui où cette information est transmise à la voiture est de seulement 5 millisecondes. « Grâce à cette technologie cellulaire, qui possède déjà des caractéristiques de la 5G, nous pouvons obtenir une latence très faible et détecter la présence de cyclistes ou de véhicules sur la route en temps réel », explique César. Voici comment fonctionne le système :

1. La caméra du drone capture une image, par exemple, d’un cycliste circulant sur la route.

2. Le drone envoie l’image à un serveur MEC (Multi-Access Edge Computing) en temps réel.

3. Le serveur MEC possède un logiciel de vision artificielle qui analyse l’image et détermine la présence d’un vélo ou de tout autre obstacle sur la route.

4. Après l’analyse des données, un avertissement est envoyé au véhicule connecté et une alarme s’affiche sur le combiné d’instruments. Le conducteur est à présent au courant qu’il y a un cycliste et doit être prudent en le dépassant.

Une technologie pour sauver des vies

« Notre but est d’utiliser cette technologie au service de la sécurité routière », commente César. Plus de 50 % des accidents de la route impliquent des usagers faibles, à savoir des cyclistes, des piétons et des motards. En Europe, 2 100 cyclistes perdent la vie chaque année et 250 000 sont blessés dans des accidents. « Les drones protègeront des zones à faible visibilité ou difficiles d’accès », conclut César. La future mise en œuvre de la 5G pourrait réduire le risque d’accident de 69 % selon l’organisation internationale 5G Automotive Association (5GAA).