2020.0.13.2 BE/FR

Des robots dans les ateliers automobiles

Ils parcourent 240 kilomètres chaque jour et partagent les voies de circulation avec des piétons, des camions, des vélos et des voitures. Ils contrôlent les feux de circulation et communiquent avec leur environnement… Mais quand on y regarde de plus près, ils ne sont conduits par personne. Ces véhicules autonomes, ce sont les VGA (véhicules à guidage automatique) qui circulent à l’extérieur des ateliers de l’usine SEAT de Martorell.

8 robots autonomes peuvent transporter plus de 2 000 composants par jour à l’extérieur des ateliers SEAT.

Robots sur roues. Généralement, les robots sont associés à des machines humanoïdes capables de réaliser diverses actions. Mais en réalité, un robot est toute machine programmable en mesure d’effectuer des opérations de manière autonome. C’est le cas des VGA : ces véhicules autonomes étaient déjà opérationnels à l’intérieur des ateliers et ils circulent désormais également dans les rues à l’extérieur de l’usine. Ce projet unique en Europe repose sur les technologies les plus récentes en matière de navigation SLAM (localisation et cartographie simultanées), de connexion 4G et de recharge des batteries électriques par induction.

Ni systèmes de guidage ni câbles. Au total, huit robots circulent sur le site de l’usine SEAT de Martorell. Chaque convoi peut transporter jusqu’à 10 tonnes et, au total, jusqu’à 2 000 composants peuvent être acheminés chaque jour. Et tout cela sans guidage magnétique ni câbles. Comment fonctionnent ces robots ? Les VGA sont programmés pour analyser leur environnement. Afin de définir les itinéraires qu’ils doivent suivre, les robots sont d’abord guidés et mémorisent alors l’itinéraire grâce à une caméra intégrée. Il leur suffit ensuite de répéter l’opération : ils quittent leur base, voient un immeuble à deux étages sur leur gauche, tournent à droite à la prochaine intersection… Les robots suivent ainsi une série de repères jusqu’à leur arrivée à destination. « Si le robot perd ce point de référence, par exemple si quelque chose entrave la voie et cache le repère mémorisé, le robot s’arrête et ne reprendra sa route que lorsque le point de référence sera de nouveau visible », explique Victor Palacios, ingénieur logisticien chez SEAT et responsable du projet.

Les robots autonomes communiquent avec leur environnement et régulent le trafic.

Connectés à leur environnement. En plus de scanner et d’interpréter tout ce qui les entoure, les robots peuvent communiquer avec leur environnement grâce à la technologie 4G. Ils sont également capables de « parler » entre eux. « Les robots sont au nombre de huit et tous ne circulent pas en même temps. Lorsque l’un d’eux quitte la zone de chargement, il notifie au robot suivant, qui est dans la zone d’attente, de prendre sa place. Lorsque deux robots se croisent, ils communiquent également entre eux afin de réduire leur vitesse », ajoute Victor Palacios. Les robots peuvent aussi réguler le trafic sur leur itinéraire. Ils sont prioritaires et, en arrivant à une intersection, font passer les feux de circulation à l’orange afin de pouvoir poursuivre leur chemin.

Sécurité à 360º. La sécurité lors des déplacements est encore renforcée par les équipements du robot. Des capteurs implantés au sommet du robot et au niveau du sol lui permettent de s’arrêter s’il détecte un objet sur son chemin. « Les robots circulent à une vitesse d’un mètre par seconde et ils peuvent donc s’immobiliser totalement devant un objet ou une personne dans un rayon d’un mètre et demi », précise Victor Palacios.

Sécurité, efficacité et durabilité. Ce dispositif permet d’améliorer les performances environnementales du transport. Les robots sont électriques et se rechargent par induction, sans devoir faire appel à des câbles. Leur batterie est entièrement rechargée en 15 minutes pendant leurs arrêts pour l’embarquement des composants. Cette énergie propre permet de réduire de 1,5 tonne la production annuelle de CO2. « Ces dernières années, SEAT introduit des innovations avant-gardistes dans le domaine de la logistique et cette technologie constitue un nouvel exemple de notre engagement à devenir la référence de l’Industrie 4.0. L’utilisation de VGA nous permet d’optimiser les processus de production et logistiques d’une manière efficace, durable et connectée », conclut Christian Vollmer, vice-président de SEAT responsable de la production et de la logistique.